   
 
       

          
 
   Le réseau d'évaluation et de surveillance écologiques 
 
 
Accueil 
 
Recherche RESE 
 
Contactez-nous 
 
Participez 
 
À propos du RESE 
 
Quoi de neuf? 
 
Conférences 
 
Réseau de recherche 
 
Attention Nature 
 
Bibliothèque de RESE 
 - Publications 
 - Bulletins 
 - Sommaires des
    réunions 
 - Évaluations  
 
Protocoles de
surveillance 
 
Outils et ressources 
 
Tendances 
 
FAQ 
 
Sondage du RESE 
 
La carte du site 
 
Cartes Postales  
 
   

Le Réseau d'évaluation et de 
surveillance écologiques 
Troisième assemblée scientifique nationale 

21-25 janvier 1997
Saskatoon, Sakatchewan 

QUESTIONS AYANT TRAIT À LA SURVEILLANCE MULTIDISCIPLINAIRE À LONG TERME  


Déclin dramatique du recrutement de l'anguille d'Amérique (Anguilla rostrata) dans le lac Ontario -- Tendances, causes et effets à long terme 
Lucian A. Marcogliese (1), John M. Casselman (1) et Peter V. Hodson (2)
(1) Ministère des Ressources naturelles de l'Ontario, Direction de la recherche, de la science et de la technologie, 
Glenora Fisheries Station, R. R. 4, Picton (Ontario) K0K 2T0
(2) École des études environnementales, département de biologie,
Université de Queen's, Kingston (Ontario) K7L 3N6

Introduction

L'anguille d'Amérique, Anguilla rostrata, est une espèce économiquement et écologiquement importante pour toute la côte est de l'Amérique du Nord. Au Canada, les pêches commerciales d'anguilles ont lieu sur la côte est, de l'intérieur des terres au lac Ontario. Les anguilles d'Amérique sont récoltées à différentes étapes de leur existence comprenant les civelles (jeunes), les juvéniles et les adultes. Récemment, des préoccupations sont apparues au sujet du déclin dramatique de leur nombre.

Les anguilles sont catadromes, vivant en eau douce et frayant dans l'océan. Tant l'anguille d'Amérique que l'anguille d'Europe, Anguilla anguilla,partagent le même site de fraie dans la mer des Sargasses. Après la fraie, les adultes meurent et les larves d'anguilles d'Amérique dérivent à l'aide du Gulf Stream depuis le golfe du Mexique vers le nord du Labrador et le Groenland. Elles se transforment en anguilles «cristallines» avant de pénétrer dans les eaux douces et saumâtres, où elles poursuivent leur croissance pendant plusieurs années. À leur maturité, après avoir atteint une longueur de 1 m et un poids de 2 à 3 kg, elles migrent de nouveau vers la mer des Sargasses pour frayer.

Les anguilles s'accouplent au hasard sur un site de fraie, donc le patrimoine génétique est complètement mélangé. En conséquence, quoiqu'il se produise un «ralliement» à un site de fraie, il ne s'en produit pas dans les aires d'élevage spécifiques d'eau douce, et il n'y a aucune différence génétique parmi les jeunes sur plus de 4000 km de côte atlantique. Il en résulte une espèce à population unique et le nombre d'adultes quittant un système spécifique d'eau douce n'influence pas le nombre de jeunes de retour dans ce système, à moins que les adultes ne représentent une grande proportion de la population entière. En conséquence, la population d'anguilles d'Amérique dans le lac Ontario et le haut du fleuve St-Laurent constitue un «stock» représentant une unité de gestion fonctionnelle; ce stock est formé exclusivement de femelles.

Le barrage hydroélectrique W. B. Saunders situé à Cornwall, Ontario, a été construit entre 1954 et 1958. En 1974, un escalier à anguilles a été ajouté afin de faciliter leur passage, et entre le début des années 1980 et 1990, une anguille juvénile typique (jaune) remontant l'escalier atteignait en moyenne 35 à 45 cm (LT) et un poids de 80 à 150 g. Le nombre total d'anguilles remontant l'escalier fournit un index du recrutement du stock dans le lac Ontario et le haut du fleuve St-Laurent, et de 1975 à 1985, le nombre d'anguilles remontant l'escalier était relativement important et uniforme (de 600 000 à 1 300 000 annuellement). En 1986, toutefois, une tendance au déclin a débuté, atteignant son apogée en 1993 alors que seulement 8000 anguilles remontaient l'escalier.

Afin de mieux comprendre les conséquences du déclin, les données sur le recrutement ont été normalisées chaque année en fonction d'un intervalle spécifique afin de fournir une sorte d'assise statistique pour la comparaison des indices d'abondance, tel que dérivé d'une pêche commerciale au filet, d'une pêche à l'électricité, et des chaluts de recherche. L'index normalisé était plus fiable et plus précis parce qu'il considérait une période de 31 jours consécutifs en juillet et en août alors que la proportion d'anguilles remontant l'escalier est la plus importante. L'index normalisé (1974 - 1995) a confirmé la tendance au déclin du nombre d'anguilles remontant l'escalier, débutant en 1986 et allant jusqu'en 1995. L'index a aussi démontré que le nombre d'anguilles remontant l'escalier était en augmentation avant 1982.

Les données sur la récolte commerciale s'étendent sur 113 ans, de 1884 à 1996. Au cours de cette période, les récoltes ont fluctué considérablement, apparemment en fonction des arrêts de la pêche pour cause de contamination au mercure, de problèmes de mise en marché en raison de contamination au mirex, et d'évènements tels que la Seconde Guerre mondiale. Vers le milieu des années 1980, le marché de l'anguille s'était redressé et stabilisé à la suite d'un effort de réduction de la pêche, après que quelques licences commerciales aient été rachetées par le ministère des Ressource naturelles de l'Ontario (MRNO). Entre 1993 et 1996, la récolte a diminué pour quatre années consécutives; à l'exception de la fermeture du marché pour cause de contamination au mirex, ceci est le seul déclin s'étendant sur quatre années consécutives par rapport à l'ensemble des 113 ans de relevés des prises commerciales. Entre 1945 et 1978, une augmentation des prix a maintenu et augmenté la récolte, bien qu'entre 1979 et 1984, les prix aient entraîné sa diminution. Entre 1993 et 1996, une nouvelle tendance a fait son apparition: les prix ont augmenté de 153 % et la récolte a diminué de 51 %, indiquant une baisse substantielle du nombre de spécimens propres à la récolte.

L'index de chalut du MRNO dans la baie de Quinte s'étend sur 25 ans, de 1972 à 1996, mais ne vise pas spécifiquement les anguilles. Toutefois, l'analyse statistique des prises annuelles moyennes indique un déclin significatif du nombre relatif entre les années 1970 et les années 1990; au cours des années 1970, les prises annuelles moyennes étaient > 2 par mille nautique; au cours des années 1990, < 1 par mille nautique. L'index de la pêche commerciale à l'électricité s'étend sur 13 ans, de 1984 à 1996, et représente les prises d'un pêcheur ayant conservé des relevés extrêmement précis concernant ses prises et son effort. Les prises moyennes à l'heure étaient relativement stables jusqu'en 1991, après quoi un déclin a débuté, étant significatif en 1993 et se poursuivant aujourd'hui. 

Les trois indices d'abondance étaient tous en étroite corrélation avec l'index de recrutement de l'escalier des anguilles. Lorsqu'ont été appliqués les temps morts entre les anguilles remontant l'escalier et les prises, la corrélation la plus élevée pour l'index de pêche à l'électricité était basée sur un temps mort de cinq ans, signifiant que les anguilles remontant l'escalier entre 1979 et 1991 se reflétaient au niveau des prises de la pêche à l'électricité entre 1984 et 1996, cinq ans plus tard. L'index de récolte commerciale a démontré la corrélation la plus élevée par rapport à l'index de l'escalier avec un temps mort de huit ans, quoique l'index de recherche au chalut ait présenté une meilleure corrélation avec un temps mort de quatre ans. Cette recherche démontre que nous possédons maintenant un outil précis afin de prédire l'abondance future des anguilles du recrutement et d'aider à déterminer les facteurs régissant la dynamique de la population d'anguilles. 

Plus important encore, le recrutement constamment en baisse laisse à penser que la pêche commerciale dans le haut du fleuve St-Laurent et le lac Ontario peut ne plus être viable d'ici la prochaine génération. Le déclin du stock du lac Ontairo et du haut du fleuve St-Laurent peut avoir des conséquences sur la population dans son ensemble. Il a été estimé que ce stock représentait 5 % de la totalité de la population, et 20 % de toutes les femelles. Conjugué à une perte causée par la pêche, il pourrait se produire une éventuelle extinction du stock du lac Ontario et du haut du fleuve St-Laurent, un déclin considérable de l'espèce, et des impacts écologiques locaux et régionaux entraînés par l'élimination des anguilles des écosystèmes d'eau douce et marins. 

 
 
 
  
--------------------------------------------------------------------------------
| Quoi de neuf | À notre sujet | Thèmes | Publications | Météo | Accueil | 
| English | Contactez-nous | Aide | Recherche | Site du Canada | 
--------------------------------------------------------------------------------
Mise à jour le : 2001-06-22     Avis importants 
URL de cette page : http://www.eman-rese.ca/rese/reports/publications/nm97_abstracts/part22.html  
 
